Conservation : déclin continu chez les animaux sauvages
L’Indice Planète Vivante a suivi un total de 35.803 populations représentant 5.790 espèces différentes de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons sur une période de 52 ans.
L’indice montre que les populations d’espèces marines suivies ont chuté de 59 %, celles d’eau douce ont enregistré un recul moyen de 85 % et celles d’espèces terrestres ont diminué de 69 %.
La perte et la dégradation des habitats constituent la menace la plus fréquemment signalée, suivies par la surexploitation, le changement climatique, la pollution, les espèces envahissantes et les maladies.
L’Amérique latine et les Caraïbes ont connu le déclin régional le plus marqué, avec une baisse de 95 %, tandis que l’Afrique a enregistré une chute de 80 %.
Toutefois, le rapport, intitulé ’’ La science de l’espoir’’, souligne que, malgré ces déclins, il existe des motifs d’espoir et qu’un redressement est à portée de main.
’’ La science nous indique que, bien que l’humanité ait infligé des sévices effroyables à cette planète pendant des décennies, il n’est pas trop tard ’’, déclare Mike Barrett, conseiller scientifique en chef du WWF et auteur principal du rapport.
Le rétablissement des populations de tigres, de tortues, de thons et d’éléphants démontre qu’il est encore possible d’inverser la tendance mondiale à la perte de biodiversité lorsque des mesures sont prises.
Le rapport montre qu’en Afrique, par exemple, des efforts de conservation ciblés ont permis le rétablissement de populations telles que celles du rhinocéros noir et de l’éléphant d’Afrique australe.
’’Les pays de la région ont mis en place des cadres juridiques associant directement les communautés locales à la préservation des éléphants, grâce à une gestion communautaire des ressources naturelles.
Ces initiatives de terrain sont renforcées par la lutte contre le trafic, les réformes judiciaires et la réduction de la corruption’’, souligne le rapport.
Toutefois, ces actions ne suffisent pas. Ces succès restent fragiles et le défi ne consiste plus à identifier des solutions, mais à les mettre en œuvre à la vitesse et à l’échelle requises.
La perte de biodiversité ne constitue pas seulement un défi environnemental, mais aussi un enjeu économique et sociétal, la moitié du PIB mondial dépendant, d’une manière ou d’une autre, de la nature.
Le WWF affirme que des transformations des systèmes énergétique, alimentaire et financier sont nécessaires pour enrayer la perte de biodiversité, et que les gouvernements, les entreprises, les organisations ainsi que les communautés ont tous un rôle à jouer.
Préservation des Gorilles du Rwanda, un exemple frappant
Le cas du Rwanda est l’un des exemples les plus remarquables de réussite en matière de conservation de la faune sauvage au monde. Grâce à des efforts conjoints entre le gouvernement, les communautés locales et les organisations internationales, la population de gorilles de montagne dans le massif des Volcans a connu une progression spectaculaire.
La célèbre cérémonie annuelle de ’’ Kwita Izina’’ consiste à nommer publiquement les bébés gorilles nés au cours de l’année. Cet événement international renforce la fierté nationale et sensibilise le public mondial à leur protection.
Dans les années 1980, victimes du braconnage, des conflits et de la perte d’habitat, il ne restait plus que 250 gorilles dans le massif des Volcans. Grâce à une protection quotidienne rigoureuse, la population globale de cette sous-espèce a franchi la barre des 1.063 individus. Ce succès unique en fait la seule sous-espèce de grands singes au monde dont la population est en augmentation constante.

La perte et la dégradation des habitats constituent la menace la plus fréquemment signalée



UFITINEMA Aimé Gerard